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Une approche de la santé qui redonne une place au malade

Face au modèle biomédical, d’autres modèles ont émergé qui redonnent plus de place à la personne. Ces derniers font partie d’une approche holistique de la santé qui considère que prendre en compte la totalité de l’expérience de la personne est plus importante pour en comprendre la santé que la somme de l’expertise faite sur chaque organe.

La psychologie et l’environnement social pour comprendre sa santé

En 1969, la psychosociologue Claudine Herzlich publie Santé et maladie. Analyse d’une représentation sociale. Dans cet ouvrage qui fera date, elle prend la santé comme objet d’une approche par les représentations. De quoi s’agit-il ? Plutôt que d’imposer une définition de la santé, Claudine Herzlich va enquêter auprès du public pour comprendre comment celui-ci interprète et donne du sens aux notions de maladie et de santé. Elle obtient alors non plus une définition normative, mais une définition composée de toutes les représentations collectives associées à la santé. Trois sens différents se dégagent :

  • La « santé-vide », qui est l’absence de maladie.
  • Le « fond de santé », qui renvoie la santé à un capital dans lequel l’organisme puise pour lutter contre les maladies.
  • La santé « équilibre », qui se comprend comme un équilibre physique, psychique et social.

Claudine Herzlich ne fait pas seulement le constat qu’il existe des représentations collectives de la santé, mais aussi que celles-ci intègrent des dimensions sociales qui donnent du sens aux visions que chacun se fait de sa propre santé. Ainsi une personne peut se sentir en bonne santé, parce qu’elle se sent capable de faire des choses et pas seulement parce qu’elle n’aurait mal nulle part. À la dimension biologique, s’ajoute ainsi une dimension sociale. L’apport décisif de Claudine Herzlich a ainsi été de mettre en relation « nos visions du biologique et nos visions du social ».

Organisation des systèmes naturels selon Georges Engel

Le modèle biopsychosocial en médecine

Aux États- Unis, à la fin des années 1970, Georges Engel généralise à la médecine le modèle biopsychosocial d’abord élaboré en psychiatrie. Pour lui, l’avantage de ce modèle est de corriger le modèle biomédical pour prendre en compte la totalité de l’expérience de la personne malade et d’inclure sa participation à la démarche de soin. Il s’agit de compléter l’enquête réductionniste du modèle biomédical en associant l’ensemble des systèmes qui entourent la personne. Comme le montre le schéma, chaque personne est prise dans des interactions qui le déterminent car, cellule ou personne, rien n’existe de façon isolée. Les apports de Georges Engel sont importants, notamment dans le refus d’opposer :

  • corps / esprit, à quoi il substitue une série d’interactions allant du niveau moléculaire au niveau social.
  • objectif / subjectif, pour prendre en compte à la fois les données biomédicales et l’expérience de la personne.
  • médecin / patient, pour donner davantage de place au patient dans sa relation de coopération avec le médecin, car son récit, ses attentes, ses croyances jouent un rôle important.

 

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