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Le stress à l’école

Le stress touche l’ensemble de la population et les enfants la subissent plus ou moins fortement. Entre angoisse, phobie scolaire et doute, la Fondation APRIL vous explique l’impact du stress sur les élèves de notre système scolaire.

L’affectivité source de stress

L’école est un lieu de plaisir et de craintes mêlés. L’enfant s’ouvre sur le monde mais, chez les petits, cette phase de socialisation est parfois facteur de stress important. Encore peu autonomes, ils sont très dépendants et focalisés sur leurs émotions. En maternelle et en primaire, le stress peut naître du sentiment que le maître ou la maîtresse ne les aime pas ! Difficile toutefois d’objectiver le stress des enfants. Des formes d’expression psychosomatiques peuvent se manifester, comme de l’irritabilité, des troubles du sommeil, etc., mais il est malaisé de relier ces signes de stress à leur cause réelle, d’autant que les affects des parents jouent aussi leur rôle.

C’est pourquoi, en 2005, l’Association des parents d’élèves de l’enseignement libre (Appel) a procédé à une étude sur la perception, par les parents, du stress de leurs enfants à l’école. 22% d’entre eux estiment que leur enfant est stressé dès la maternelle. En cause, les relations avec les camarades – en particulier les moqueries, les rivalités, l’envie de s’intégrer – qui sont, avec 14% le premier facteur de stress à l’école, devant l’angoisse liée aux notes et à l’évaluation (12%) et l’inadaptation du système aux besoins de l’enfant (12%).

Une pression scolaire croissante

Plus tard, au collège et au lycée, la pression de l’excellence est davantage encore une occasion de stress (21% et 22%). Mais tous les élèves ne réagissent pas de la même façon. Certains parviennent à répondre à la demande et s’adaptent aux attentes du système scolaire. D’autres vivent cette expérience comme une souffrance, développent des troubles du sommeil et de la concentration, des maux de ventre, qui peuvent aller jusqu’à la phobie scolaire.

Selon les données françaises de l’enquête internationale Health Behaviour in School-aged Children (HBSC), 21,4% des élèves de collège déclaraient éprouver, en 2010, « assez » ou « beaucoup » de stress à cause du travail scolaire (Godeau, Navarro, Arnaud, dir. 2012). En cause également, la pression exercée par les parents pour que leurs enfants décrochent de bonnes notes et intègrent les meilleurs établissements. Les psychologues Serge Lacoste, Sylvie Esparbès-Pistre et Pierre Tap, qui se sont intéressés aux élèves de 12 à 20 ans, retiennent que pour ces jeunes, le doute est un facteur important de stress. Il se traduit par le sentiment de ne pas être sûr de pouvoir répondre à la demande des parents, des professeurs et, plus largement, du système scolaire.

Le bien-être des élèves[1]

L’enquête PISA[2] de 2015 révèle que la plupart des élèves de 15 ans sont relativement satisfaits de leur vie. Toutefois, l’anxiété liée au travail scolaire, qui touche plus d’un élève sur deux en moyenne dans les pays de l’OCDE[3], et une prévalence (moins fréquente) du harcèlement à l’école sont à la fois des sources de stress, de moindre bien-être et de moindre performance scolaire. Il ressort aussi que la satisfaction à l’égard de la vie des élèves de 15 ans est plus élevée chez les garçons et les élèves favorisés dans une majorité de pays, que chez les filles (qui font état d’une plus grande anxiété que les garçons) et les élèves défavorisés.

En revanche, elle apparaît peu corrélée aux résultats scolaires des élèves et à leurs scores aux tests PISA, et au temps consacré à étudier. Il semblerait donc que «l’excellence académique ne va pas nécessairement de pair avec une meilleure qualité de vie pour les élèves». Ainsi, le Japon, classé parmi les pays les plus performants de la zone OCDE dans l’enquête PISA 2015, comptabilise un pourcentage d’élèves se déclarant très satisfaits de leur vie parmi les plus faibles. Le bien-être des élèves dépendrait bien plus de la perception qu’ont les élèves du «soutien des enseignants» et des pratiques pédagogiques de ceux-ci (aide dans les apprentissages, encouragements, pédagogie différenciée, possibilité donnée aux élèves de s’exprimer, etc.).

[1] http://ses.ens-lyon.fr/actualites/rapports-etudes-et-4-pages/pisa-2015-le-bien-etre-des-eleves-ocde-janvier-2018

[2] http://www.oecd.org/pisa-fr/

[3] https://www.oecd-ilibrary.org/education/resultats-du-pisa-2015-volume-iii_9789264288850-fr

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