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Les progrès de la biologie

À la fin du XVIIIe siècle, les progrès des sciences biologiques transforment la médecine et le concept de la santé. La médecine adopte une démarche d’enquête scientifique dite « réductionniste ». La santé devient l’absence de maladie qui est de plus en plus identifiée au dysfonctionnement d’un organe.

Le modèle biomédical de la médecine : l’absence de maladie

Avec la médecine scientifique apparaît le modèle biomédical qui s’est moins intéressée à la santé qu’aux maladies. Dans son article sur « La santé comme norme de soin », Alexandre Klein l’explique avec ces mots : « La maladie entendue comme lésion organique localisable, classable, dont on peut retracer la genèse et mettre en évidence les signes particuliers, devient le principal objet de la médecine qui ne traite alors de la santé qu’au travers du pathologique ». Pour résumer, la santé n’est que l’absence de maladie ou, pour reprendre l’expression du chirurgien René Leriche (1879-1955), « la santé, c’est la vie dans le silence des organes ». Quant à la maladie, elle est souvent vue comme l’effet d’un déséquilibre physiologique, c’est-à-dire un déséquilibre qui se limite aux organes. L’approche est avant tout quantitative et non qualitative ; le lien avec l’histoire de la personne ou son environnement au sens large est rompu.

Le modèle biomédical : absence de l’expérience subjective

Dans ce modèle biomédical, le médecin n’est pas d’abord en charge de la santé de ses patients mais soigne leur maladie. Ainsi, au centre de l’activité médicale, se trouve un malade et non une personne. En schématisant, on peut dire que ce modèle isole l’individu de ce qui l’entoure (vie affective, sociale, etc.), comme il l’isole de ses émotions, de ses pensées, de ses croyances, etc. En particulier, l’expérience subjective du patient n’est pas prise en compte alors qu’elle joue un rôle important dans la relation de chacun à sa santé. Cette conception a fortement pesé sur l’ensemble de la société, en définissant les malades comme des patients, c’est-à-dire, selon l’étymologie du mot, des personnes qui subissent et non qui agissent, et dont le sort dépend exclusivement du médecin. Poussé à l’extrême, cette logique prive chaque personne, considérée comme profane, de toute légitimité dans les choix relatifs à sa santé. Elle installe une relation très inégale entre le médecin et le patient, et fait de ce dernier un « être sous tutelle », selon l’expression de l’économiste de la santé Claude Le Pen.

La spécialisation de la médecine et le rôle du généraliste

La complexification croissante des savoirs médicaux a entraîné, à la fin des années 1950, une forte spécialisation de la médecine. Si le généraliste est celui qui a une vision globale de la personne, son rôle est de plus en plus souvent d’isoler le problème ou l’organe en cause pour orienter le patient vers le spécialiste à consulter. Ainsi s’organise le découpage de l’individu, souvent réduit à une collection d’organes :

  • selon ses organes : dentiste, cardiologue, psychiatre, etc.
  • selon ses maladies : cancérologue, allergologue, etc.
  • selon ses activités : médecine du sport, médecine du travail, etc.

À chaque fois, l’unicité de l’expérience de la personne est rendue plus difficilement accessible et, surtout, elle n’est jamais donnée comme une clé d’interprétation qui permettrait d’en comprendre la santé.

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