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Les nouveaux comportements alimentaires 2.0

Depuis quelques années, nous voyons fleurir sur les réseaux sociaux des photos de plats mis en scène, des lieux culinaires incontournables, des hashtags plus gourmands les uns que les autres… Ce comportement vis-à-vis de la nourriture pose question quant à notre rapport avec l’alimentation. Explications pas à pas avec la Fondation APRIL.

Instagram est le réseau social star pour partager des photos de son quotidien. Et côté alimentation, ce réseau présente de nombreuses photos de plats et de restaurants, avec plus de 193 millions de publications rien que le #food !Cette tendance concerne autant les professionnels (blogueurs, chefs, restaurants…) que les consommateurs que nous sommes.  Une pratique qui en dit long sur notre rapport à la nourriture. Pour tenter d’expliquer ce phénomène, plusieurs études ont été menées à ce sujet, qui aux premiers abords, n’a rien de rationnel.

Instagram food : les effets positifs ?

Une étude américaine de 2013 (Psychological Science) a été lancée dans le but de montrer l’influence de ce rituel dans la manière de manger. Il en est ressorti que prendre son plat en photo le rend plus appréciable, car la préparation visuelle le rend davantage gourmand. Aujourd’hui, la plupart des consommateurs se disent être attentifs à la présentation de leurs plats avant de les déguster. L’attente créée avant la dégustation augmenterait l’expérience gustative, car nos sens seraient plus en éveil. Il faut également savoir que de nombreux utilisateurs d’Instagram prennent en photo leur nourriture pour se donner un objectif de manger plus sainement, et ainsi se souvenir de ce qu’ils mangent. Sans compter que grâce aux interactions générées par ce réseau social, des communautés se créent, s’encouragent, se conseillent en matière d’alimentation healthy, comme dans un élan de thérapie de groupe.

Instagram food : les effets négatifs ?

Cependant, une autre étude (Harvard University) démontre que partager sa nourriture est conduit par un mécanisme psychologique narcissique, celui de promouvoir son mode de vie sur les réseaux sociaux. C’est ce que l’on appelle le « humblebrag ». Si l’on s’attarde quelques minutes sur les clichés publiés, rares sont les photos de plats peu ragoûtants sans aucune préparation visuelle (lumière, disposition…). Certains spécialistes, comme Valerie Taylor, cheffe du service de psychiatre de l’Université de Toronto, parlent même de troubles alimentaires. Ce besoin de partage obsessionnel serait la manifestation inconsciente d’un trouble. Explications : lorsque le plat arrive sur la table, la seule obsession devient alors de le rendre le plus attrayant possible, pour le partager. Quitte à empêcher les autres personnes attablées de manger, au risque de parfois manger froid. On oublierait presque ce qu’il se passe autour de nous, simplement pour prendre la photo parfaite, sans profiter de ce moment convivial qu’est le repas.

Au-delà des consommateurs, on peut se mettre dans la peau des restaurateurs qui vivent ce phénomène. Certains y voient de la promotion gratuite, tandis que d’autres sont exaspérés, au point d’interdire les photos. Certains chefs se retrouvent frustrés de voir leur art partagé sur les réseaux sociaux. Saviez-vous par exemple qu’en Allemagne, il est juridiquement prohibé de prendre en photo et diffuser  des plats de restaurants ?

En conclusion, voici 3 conseils pour ne pas tomber dans le cercle vicieux de l’#Instafood et profiter pleinement de ce que vous avez dans votre assiette ! 1/ Evitez de sortir votre téléphone pendant les repas, 2/ Ne suivez plus les comptes qui vous font culpabiliser ou qui vous donnent faim à longueur de journée, 3/ N’oubliez pas qu’Instagram est une vitrine virtuelle et pas la vraie vie !

Alors, prêts à lâcher votre téléphone pour prendre la santé du bon côté ?

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