1. Accueil
  2. Stress
  3. Nier ce n’est pas mieux vivre

Nier ce n’est pas mieux vivre

Personne ne peut nier le fait que le stress est « le mal du XXIème siècle » et qu’il amène certaines conséquences négatives pour notre santé. Or, de plus en plus de personnes choisissent, consciemment ou non, de refouler leur stress. Mécanisme psychologique de défense, le refoulement permet ainsi d’atténuer ou de supprimer les effets produits par des événements intolérables[1]. Définition de cette négation et astuces pour mieux vivre au quotidien par la Fondation APRIL.

Définition du refoulement

Le refoulement est un mécanisme de défense défini en psychanalyse par Sigmund Freud. Il se traduit par la mise en place d’une défense de l’inconscient qui va repousser les pulsions et les désirs que le conscient refuse d’accepter. Dans le cas du stress, on peut se dire par exemple « mon stress est temporaire, une nuit de sommeil et il sera vite oublié ». Erreur que d’adopter cette attitude de refoulement et de nier son stress car il reviendra quelques jours plus tard, plus fort que jamais. Le mécanisme du refoulement consiste en effet à rejeter dans l’inconscient des émotions, afin de se protéger de façon temporaire.

Accueillir la réalité toute entière

Une des fonctions intellectuelles les plus utiles pour rester serein est le discernement, expliquent Christophe Massin et Isabelle Sauvegrain, psychiatre et médecin au travail[2]. Le discernement nous aide à écarter ce qui est sans importance et à choisir au sein de la réalité (par nature chaotique et foisonnante) les éléments pertinents. Mais cette faculté n’est pas si facile à exercer dans notre société contemporaine : « nous sommes marqués, façonnés par la primauté du faire. Chez nous, le « savoir-faire », le « que faire », le « quoi faire », omniprésents, tendent à court-circuiter le temps initial de la réflexion ».

Résultat, beaucoup de temps et d’énergie perdus – et de stress ! – à vouloir répondre trop vite, sans accepter l’ensemble des signaux qui nous sont envoyés.

Faut-il affronter ou contourner le stress ?

Contrairement aux idées reçues, tout le monde n’a pas une âme de guerrier ! Plutôt que d’affronter le stress, certains préférerons le contourner, le tenir à distance. Relativiser, lâcher prise, cesser de vouloir être parfait en toutes circonstances, prendre le large, ramener son propre niveau d’exigence à des hauteurs raisonnables, cela aide aussi. Et si rien ne marche ? Il ne faut pas hésiter à chercher de l’aide. Un stress chronique peut avoir de graves répercussions psychiques et physiques. Le médecin traitant est le plus compétent pour faire le tri entre les symptômes bénins ou plus préoccupants.

Rompre avec les notions de « gagnants »

C’est du moins l’avis des tenants de l’ACT (Acceptance and Commitment Therapy).

Pour eux, la raison principale de notre mal-être vient de la croyance fausse qu’il faut balancer par-dessus bord les pensées et les émotions négatives pour vivre bien.

Dans la préface de son ouvrage Faire face à la souffrance, Steven C. Hayes, inventeur de l’ACT, écrit : « Selon la façon dont nous l’accueillons, la tristesse ressentie à la perte d’un être cher peut nous ouvrir le cœur ; nous sentir vulnérable peut nous aider à nous reconnecter avec les autres ; reconnaître nos doutes peut adoucir notre âme ».

En d’autres termes, il faut rompre avec la façon de penser qui fait du « gagnant » qui vole de « défi » en « challenge », un modèle à suivre. Accepter les évènements négatifs est aussi un moyen de passer à l’étape suivante et de trouver la sérénité.

Petit exercice pour aider à gérer le stress
Prenez le temps de réfléchir à vos émotions, une à une, et analysez-les :

  • Qu’est ce qui génère le stress ? Une critique d’une collègue ou d’un ami ?
  • Déconstruisez[3]: pourquoi la remarque d’un collègue m’a touchée ou mise en colère ?
  • Mettez en perspective : est-ce que d’autres personnes m’ont déjà fait la même remontrance ?
  • Répondez après un temps de réflexion et de construction : notre supérieur apprécie-t-il notre façon de travailler ? La remarque reçue était-elle vraiment légitime ?
  • Pour se sentir en paix : parlez de l’inconfort ressenti pour le clarifier.

[1] http://sante-medecine.journaldesfemmes.com/contents/827-refoulement-psychologie

[2] Réussir sans se détruire, éd. Albin Michel, 2006

[3] http://www.coupdepouce.com/vie-perso/psychologie/article/apprendre-a-mieux-vivre-avec-le-stress

0

Il n'y a aucun commentaire