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L’esprit et le corps : médecines opposées

La séparation entre le corps et l’esprit, avec un net avantage du second, a infusé pendant des siècles nos raisonnements, nos manières de vivre et elle a modelé la médecine occidentale moderne. Avec cependant des résistances permanentes.

Esprit et corps : une opposition contestée

Devenue une science expérimentale, objectivable, la médecine a tourné le dos à ce qui faisait « l’art médical » avec ses pratiques empiriques. Le talent du médecin consistait alors à interpréter des signes, parmi lesquels bien sûr ceux du corps, les symptômes, mais aussi ceux de l’environnement que ce soit le cosmos, le climat ou bien d’autres données considérées comme significatives. Ce mouvement profond vers une approche considérée comme plus rationnelle a conduit à découper l’organisme en tranches, les organes ou systèmes biologiques devenant l’objet de médecins spécialistes de plus en plus experts.

Les médecines alternatives ont été combattues, mais n’ont pas disparu

L’évolution historique vers une médecine qui considère davantage la maladie que le malade masque la réalité sur la façon dont on se soigne. La médecine conventionnelle a mis longtemps à gagner le monopole de la santé. Preuve que le combat n’était pas gagné d’avance contre ceux qu’elle traitait de « charlatans », il a fallu légiférer souvent contre eux, jusqu’à condamner encore en France, en 2001, un acupuncteur pour exercice illégal de la médecine.

Le charlatanisme et l’exercice illégal de la médecine

  • La loi du 10 mars 1803 a pour but de mettre fin au charlatanisme et institue la notion d’exercice illégal de la médecine, elle s’applique en particulier contre les religieuses et les prêtres.
  • La loi dite « Bourdarel » revient sur le même sujet le 30 novembre 1892 à propos de l’exercice de la médecine. Elle est due à un disciple de Louis Pasteur, Paul Bourdarel, grand hygiéniste.
  • Aujourd’hui, l’exercice illégal de la médecine est réprimé dans le code de la santé publique, il est constitué lorsqu’une personne non titulaire d’un diplôme médical établit un diagnostic et /ou préconise ou applique un traitement et laisse croire en une guérison. Il est puni de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

Médecines douces et approche globale du corps

Le recours à des médecines parallèles ne s’est jamais démenti. En dehors de tout jugement de valeur, la quête d’une approche globale du corps est probablement ce qui les rapproche toutes, qu’elles soient issues de traditions occidentales ou orientales, ou encore des inventions récentes. On s’intéresse à la globalité du corps et souvent en lien avec l’esprit, même si les origines, les principes, et les pratiques sont extraordinairement différentes. Pour prendre quelques exemples :

  • Les praticiens de l’hypnose s’attachent à traiter les addictions, phobies, troubles de l’attention, anxiété, douleur, à partir du terrain qui est composé de la « totalité du patient », son corps anatomique, ses croyances, ses sensations, son passé.
  • L’acupuncture, branche de la médecine traditionnelle chinoise, vise à rééquilibrer « l’énergie qui alimente l’ensemble de notre organisme ».
  • La sophrologie utilise des exercices de respiration, de concentration, de détente musculaire et de visualisation mentale pour développer toutes les ressources positives en soi, comme la confiance, l’estime, le lâcher prise. Elle apprend à gérer son stress et ses émotions. Le but est de rétablir l’harmonie entre le corps et l’esprit.
  • La réflexologie part également de l’idée d’un « tout du corps résumé dans une partie » : main, pied ou oreille. Par une digiponcture, la réflexologie plantaire agit sur le stress, la circulation sanguine et tous les organes pour que le corps retrouve son équilibre.
  • Dans l’auriculothérapie, on considère que l’oreille, qui ressemble à un fœtus inversé, est un « miroir de tous les organes, une totalité » qui devient accessible au praticien qui stimule certaines zones avec des aiguilles.
  • Les ostéopathes qui traitent en particulier les douleurs articulaires, cherchent la restauration des rapports harmonieux entre les articulations en cherchant la cause d’un trouble local dans l’« ensemble du squelette et de la posture » de l’individu.
  • L’homéopathie s’affirme comme un « traitement de l’homme malade dans sa globalité » et non de la maladie, raison pour laquelle une même maladie est traitée différemment chez deux malades.
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