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Le cosleeping : des bons et des mauvais côtés

Il y a les pays qui  pratiquent le cosleeping, appelé aussi cododo, depuis toujours. Et ceux où, disparu depuis longtemps, il revient doucement à la mode. Entre ceux qui sont habitués et ceux qui s’y remettent progressivement, attention à ce sujet controversé…

Troubles du sommeil du bébé et cododo

Une étude menée dans 17 pays asiatiques et caucasiens insiste aussi sur le lien entre cosleeping et troubles du sommeil bébé : dormir dans la chambre ou dans le lit des parents retarde l’endormissement, diminue la durée de sommeil et augmente les éveils nocturnes, y compris dans les sociétés où le cododo est la norme.

Le cododo est de retour avec l’allaitement

Aux États-Unis et en France, la proportion des familles qui pratiquent le lit partagé a augmenté de façon importante ces dernières années. Le renouveau de l’allaitement maternel expliquerait cette évolution. Car le fait de partager le lit avec bébé pendant l’allaitement a de nombreux avantages : il favorise l’attachement, l’interaction mère/bébé, la nutrition et la protection immunitaire, du fait de l’augmentation des tétées.

Les risques du cododo

Le co-sleeping peut aussi comporter certains risques. Les études épidémiologiques constatent une augmentation du risque de mort subite dans les situations de partage du lit, alors que normalement, l’allaitement au sein est un facteur protecteur.

Partage de la chambre avec bébé, c’est mieux

Solution intermédiaire entre le cosleeping et la chambre individuelle : le partage de la chambre avec bébé dormant dans un lit très près du lit des parents. Cela facilite l’allaitement, mais à lui seul divise le risque de mort subite par quatre.

Le co-sleeping dans l’histoire et la culture

Le sommeil partagé sera différent dans une société où celui-ci est la norme, plutôt que dans un contexte qui lui est d’ordinaire plutôt hostile. Dans la première, il est souvent bien vu. Dans le second cas, on pointe souvent ses méfaits.

Se plonger dans son sommeil, c’est abandonner son corps sensible, lui le réceptacle des sensations, des émotions, des perceptions et fruits des interactions avec le monde et les autres. Pour s’endormir, nous nous conformons à des attitudes stéréotypées, des rites d’endormissement et des schémas culturels spécifiques qui s’installent dès l’enfance. Ils ont des origines historiques et diffèrent selon les cultures.

 

Le sommeil dans l’histoire

Dans nos sociétés occidentales, nos façons de dormir se sont progressivement transformées : habitats plus spacieux, mieux protégés des menaces extérieures et un accent mis sur l’importance de la relation au sein du couple et sur son intimité ont participé à la promotion d’espaces de sommeil séparés.

En Amérique du Nord et en Europe, la relative mise à distance du nourrisson a une dimension historique construite en trois étapes.

  • Moyen-âge : Epoque où de nombreuses femmes dans la pauvreté confessaient aux prêtres avoir tué leur nourrisson en l’étouffant de leur corps. Pourquoi ? Pour contrôler le nombre des bouches à nourrir. Les prêtres ont alors menacé ces mères d’excommunication, d’emprisonnement… et ont banni les nourrissons du lit parental. Un interdit qui a favorisé l’apparition des berceaux.
  • XIXe siècle : Les médecins préconisent aussi la séparation, après les découvertes de Louis Pasteur, dans le souci de préserver l’enfant des contaminations microbiennes.
  • XXe siècle : L’interdit de promiscuité vient des psychanalystes. Ils craignent « que trop de corps à corps » avec l’enfant n’empêche la séparation, étape essentielle du développement psychique du jeune enfant.

Le sommeil dans la culture

Dans les cultures où le toucher et les contacts peau à peau sont privilégiés et dans celles où les liens familiaux sont très importants, le sommeil partagé est très commun.  Quelques exemples :

  • Indonésie : on s’endort tous ensemble pour se sécuriser et faire ce voyage nocturne en paix. Le sommeil solitaire est craint, comme s’il pouvait ne jamais déboucher sur le réveil.
  • Amérique Latine : en le berçant dans un hamac, beaucoup de parents accompagnent systématiquement l’enfant jusque dans son sommeil. Ailleurs, cela se fait aussi, en l’endormant au sein, en le berçant dans les bras ou dans un berceau.
  • Afrique subsaharienne : dans certains pays, l’endormissement se fait par des bruits de bouche ou des tapotements rythmiques, parfois très vigoureux.
  • Japon : On dort à côté du nourrisson, sur des nattes ou des futons. D’autres parents installent leur enfant dans un panier d’osier placé sur leur lit.

Asie : Une étude, menée dans 17 pays asiatiques et caucasiens, portait sur les habitudes de sommeil de 29 287 enfants de moins de 3 ans. Elle a révélé notamment qu’en Asie, 86 % des tout-petits dorment dans la chambre ou dans le lit des parents, contre 22 % dans les sociétés occidentales.

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