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Les grandes civilisations et l’équilibre corps – esprit

Mésopotamie, Inde, Chine, Égypte… l’histoire de la santé montre que chaque grande civilisation a développé sa vision de la santé et des stratégies pour la conserver ou la restaurer. Alliant souvent magico-religieux et techniques expérimentales, elles ont en commun de viser à maintenir ou à restaurer l’équilibre corps – esprit.

Médecine en Mésopotamie : incantations et chirurgie

L’histoire de la médecine compte des textes très anciens, comme le Code de Hammurabi (1750 ans avant J.-C.) qui mentionne des prix de consultations médicales et des peines encourues par les médecins qui commettraient une erreur. La médecine mésopotamienne, comme aussi d’autres, ne se conçoit pas en dehors d’un système de correspondances de valeurs et de croyances, mais aussi d’observations empiriques. La santé a une dimension « médicale », reposant sur la chirurgie et des médicaments à base de plante, et une dimension magico-religieuse. L’origine des maux est recherchée du côté des dieux ou des démons, et leur intervention explique l’efficacité des traitements. Ainsi on prendra un remède à base de plantes et on s’assurera de son action en récitant une formule ou en portant une amulette. Ces deux dimensions ont chacune leur praticien, mais elles ne sont pas opposées. L’« exorciste » cherche des signes qu’il interprète pour déterminer un diagnostic, c’est-à-dire des augures, et se sert d’incantations pour la guérison. Le « physicien » ou « pharmacien » est dépositaire d’un art technique : il intervient manuellement, prépare les plantes, soigne les fractures, les plaies et pratique une petite chirurgie.

La médecine ayurvéda, une recherche d’équilibres

La définition de l’ayurvéda correspond également à une vision aboutie de la santé indienne, d’ailleurs toujours enseignée en Inde et de plus en plus en Occident. Le terme, qui désigne la médecine traditionnelle indienne, signifie littéralement science (veda) de la longévité (āyus). L’ayurvéda plonge ses racines dans l’ancienne civilisation de l’Indus, mais c’est surtout à partir du XII e siècle avant J.-C. qu’elle se codifie pour trouver sa forme définitive entre le IVe siècle avant notre ère et le I er siècle. L’ayurvéda repose sur un système de correspondances entre l’univers et l’individu. Comme l’univers, l’ensemble du corps (organes, os, graisse, chair, etc.) est composé des cinq grands éléments dont l’équilibre définit la santé. Inversement, la maladie est le signe d’un déséquilibre dont les causes sont le plus souvent à chercher dans le comportement du malade, son alimentation, le climat, etc., et peut-être aggravée par des divinités. Pour restaurer l’équilibre, la médecine ayurvédique utilise des plantes en abondance, ainsi que les minéraux. L’hygiène de vie tient également une grande importance. Le bain, les exercices physiques, mais aussi le yoga, une pratique millénaire qui repose sur l’équilibre corps esprit.

Médecine traditionnelle chinoise : le yin et le yang

Développée à partir du 1er millénaire avant notre ère, la médecine traditionnelle chinoise repose notamment sur l’énergie et l’équilibre du yin et du yang. En Chine ancienne, la source de toute chose est une énergie primordiale qui circule dans l’univers sous une forme yin et yang. Inséparables, car éléments d’un même tout, ces deux opposés sont dans un perpétuel mouvement d’équilibrage et, si chacun représente un principe bien établi, le yang peut se tourner en yin, et inversement, et en chacun des deux, un peu de l’autre réside. Cette vision de l’univers se retrouve dans le corps humain et la vision chinoise de la santé. Au-delà de la classification des différents organes en yin et yang, l’équilibre dynamique de ces deux forces dans le corps définit l’état de santé tandis que leur déséquilibre engendre la maladie. Avec les mains (shiatsu) ou des aiguilles (acupuncture), le médecin traditionnel chinois stimule les méridiens où circule l’énergie du corps et en restaure ainsi l’équilibre.

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