1. Accueil
  2. Nutrition
  3. La France connaît-elle vraiment une invasion de Fast Food ?

La France connaît-elle vraiment une invasion de Fast Food ?

Le modèle américain, fait de prises alimentaires très fréquentes, non structurées en repas et solitaires, s’impose peu à peu partout dans le monde. Mais pas en France. Comment cette résistance s’organise-t-elle dans notre pays ? Petit tour d’horizon sur nos habitudes « made in France » et sur les origines du Fast-food.

Même si les effets néfastes de la restauration rapide et notamment des Fast-food ont été démontrés à travers de nombreuses études (augmentation des risques d’obésité, d’hypertension ou encore de diabète), ce mode d’alimentation continue à s’insinuer et à envahir notre quotidien.

La France pourtant, s’illustre comme l’un des pays à résister encore à cette culture de la consommation rapide. Voici comment cette lutte s’organise

Rester chez soi

93% des Français prennent leur petit-déjeuner à domicile. Ils sont encore 65% à être à la maison au déjeuner, et 87% au dîner. La France échappe donc à un caractère important de la mondialisation alimentaire : la sortie de l’alimentation de la sphère domestique.

Prendre son temps

En France, le temps consacré à préparer et à prendre le repas est stable : 96 minutes en 2000, contre 95 en 1970. Ailleurs, il dégringole, pour atteindre 66 minutes aux Pays-Bas, 50 en Norvège… et 42 aux Etats-Unis.

Être en famille

Même si le modèle classique des trois repas en famille rencontre des obstacles (rythmes professionnels, scolarité…), beaucoup de Français font l’effort de les surmonter pour fortifier le groupe familial… et partager ces repas en famille.

Regarder la télé

C’est là un paradoxe : vue parfois comme un risque d’obésité, la télévision joue, pour les Français, un rôle notable dans le maintien des horaires et de lieux fixes pour le repas du soir. La télévision favorise l’obésité, c’est un fait, mais elle contribue aussi au maintien des horaires, et garantit donc le rythme alimentaire.

Contrairement aux idées reçues, la France ne subit donc pas de plein fouet la vague des fast-foods. Mieux que cela, elle cultive un art de vivre à la Française où il fait bon prendre son temps pour s’alimenter, partager des repas en toute convivialité… et notre pays prend même le parti d’adapter ce mode d’alimentation rapide à sa culture, en revisitant le Fast-food en food trucks végétariens, soucieux d’une alimentation équilibrée, rapide mais responsable !

Le saviez-vous ? Petite histoire du Fast-Food…

Naissance d’un nouveau concept alimentaire

Le concept de Fast-food est né durant la seconde Guerre Mondiale et s’est propagé pendant les 30 glorieuses. Cette période d’après-guerre se caractérise par une augmentation croissante des Fast-food à travers le monde. Et en tout premier lieu, en terre nord-américaine. La popularité des Fast-food atteint son apogée dans les années 1960, avec la montée en puissance de la firme Mc Donald’s créée en 1948.

La vague des Fast-food gagne l’Europe et la France en 1972, date à la laquelle le 1er restaurant rapide ouvre ses portes à Créteil. C’est toutefois un échec jusqu’en 1979, date à laquelle les premières enseignes s’installent durablement. La politique de prix bas favorise l’accès aux classes les moins aisées à de la nourriture rapide même si peu nutritive.

La consommation de fast-food dans les pays développés

L’enseignent chercheur en géographie culturelle, Gilles Furney est formel : « Le fast food suppose un niveau de vie élevé, des process industriels et de distribution très au point pour alimenter régulièrement des milliers de restaurants avec les mêmes produits. » L’auteur de l’ouvrage « La mondialisation de lalimentation », estime que « dans les pays riches, la restauration hors domicile – dont le fast food est l’une des déclinaisons parmi d’autres – est importante dans les villes, faible dans les campagnes ; elle est importante pendant la vie active, faible aux deux bouts de la vie (enfance et vieillesse). » Et de signaler que, « contrairement aux idées reçues, elle se diversifie considérablement : des firmes “innovent” dans le “tapas asiatique” pris sur des tables et tabourets hauts, des vitrines self-service, des produits décalés, des packagings ingénieux et des entorses aux “menus” censés offrir un écart à l’ordinaire. »

0

Il n'y a aucun commentaire