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Du collège au lycée, des enfants stressés

Le stress est considéré comme l’un des fléaux de notre époque, à tel point que des adolescents (et même des enfants) peuvent eux aussi connaître des situations apparentées au « burn-out ». Le stress a envahi toutes les sphères de la société, du travail à la famille. Les parents stressés peuvent communiquer du stress aux enfants, les  enfants stressés communiquent leur stress aux parents, l’école stresse les parents et les enfants… La liste est longue et le cercle vicieux difficile à briser. Si face à la pression scolaire constante, certains élèves parviennent à répondre à la demande et s’adaptent aux attentes du système scolaire, ce n’est pas le cas de tous. Nathan en fait partie et nous livre son témoignage. Quels sont les causes du stress chez les enfants ?  Quelles sont les clés pour les accompagner ? La Fondation APRIL lève le voile pour comprendre l’impact sur stress sur les jeunes.

Nathan, un élève stressé

La pression scolaire, il connaît. Cette expérience, il la vit comme une souffrance. En situation de fort stress, Nathan va développer des troubles du sommeil et de la concentration, des maux de ventre et parfois même de la phobie scolaire.

Constat confirmé par Gisèle George, pédopsychiatre lors d’une interview pour le Monde.fr « Les enfants sont stressés de plus en plus tôt. Maux de ventre, irritabilité, problèmes de sommeil, perfectionnisme, volonté de tout contrôler, petites maladies à répétition : les symptômes sont nombreux ». Il y a dix ans, la spécialiste recevait principalement en consultation des adolescents de 17 à 20 ans, élèves de classe préparatoire, de terminale ou de première, mais depuis trois ans, sa clientèle s’est largement ouverte aux collégiens de 11 à 13 ans.

Enquête internationale

En 2010, Nathan a répondu à l’enquête internationale Health Behaviour in School-aged Children (HBSC). Et comme 21,4 % des élèves de collège interrogés, il a déclaré éprouver « assez » ou « beaucoup » de stress à cause du travail scolaire.

La pression parentale de la performance scolaire

Pour expliquer son stress, Nathan met également en cause la pression exercée par ses parents pour qu’il décroche de bonnes notes et intègre les meilleurs établissements.

En effet, aujourd’hui, le stress de la performance à l’école, notamment au lycée où de nombreux choix s’imposent aux adolescents, est très important. « La compétitivité est prégnante de façon précoce« , explique Julie Bourgin, psychiatre au Centre hospitalier Sainte-Anne, responsable du Centre d’évaluation pour les jeunes adultes et les adolescents. « La pression est plus forte même s’l y avait du stress également pour les générations antérieures. De nos jours, les étudiants se sentent obligés de faire directement une double licence, les masters sont de plus en plus sélectifs à l’université, c’est un facteur de stress supplémentaire pour les jeunes. Les filières techniques ne sont toujours pas revalorisées, il faut toujours plus de diplômes, et cette pression transcende les classes sociales[i]« .

Doute colossal

Les psychologues Serge Lacoste, Sylvie Esparbès-Pistre et Pierre Tap se sont intéressés aux élèves de 12 à 20 ans. Ils retiennent que pour eux le doute est un facteur important de stress. Comment se traduit-il ? Par le sentiment de ne pas être sûr de pouvoir répondre à la demande des parents, des professeurs et, plus largement, du système scolaire.

Comment accompagner un enfant stressé ?

  • Repérez les signes de l’anxiété

Chez l’enfant, certains signes ne trompent pas. Le premier indice du stress se traduit souvent par un changement soudain de comportement. Votre enfant devient irritable ? Agressif ? Ou au contraire anormalement timide ? D’autres signes, comme une dévalorisation que l’enfant se porte à lui-même, peuvent vous alerter. Parallèlement, d’autres signaux psychosomatiques peuvent se manifester chez les enfants stressés. Comme les adultes, ils peuvent ressentir des douleurs abdominales, des nausées ou bien des maux de tête.

  • Prenez du recul

Tous ces signaux d’alerte se manifestent rarement en même temps sur un seul individu. Le stress, sur une courte durée peut être sans gravité. Pour bien différencier une vraie anxiété d’un stress ponctuel il faut se poser plusieurs questions. L’anxiété est-elle génératrice de blocages ? L’enfant est-il tétanisé ? A-t-il besoin de plus d’encouragements ? Soyez aussi attentif à la durée des symptômes. Un enfant qui se plaint durant plusieurs jours peut exprimer un mal-être qui nécessitera une attention particulière. Mais parfois, il faut savoir prendre du recul et laisser à l’enfant le soin de comprendre le problème par lui-même pour éventuellement trouver une solution en toute autonomie.

  • Faites-vous accompagner si besoin

Si le mal-être psychosomatique est important, il est nécessaire de consulter un médecin généraliste ou un pédiatre pour écarter tout doute de maladie sous-jacente et soulager l’enfant des douleurs. Quant à un psychologue ou un pédopsychiatre ? Selon Lise Bartoli, psychologue clinicienne, auteure et praticienne en HypnoRésonance et HypnoNatal, « les parents ne doivent y songer que s’ils n’ont pas réussi à gérer la situation par eux-mêmes, que ce soit parce qu’ils ne s’en sentent pas capables, ou parce qu’ils ne trouvent pas l’origine du problème ».

De nombreux outils existent, la clé est de ne pas rester seul dans ce problème et de communiquer un maximum avec l’enfant concerné.

[i] http://www.francetvinfo.fr/sante/enfant-ado/pourquoi-les-adolescents-sont-ils-si-stresses_1322181.html

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