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Activité physique et immunité : attention aux excès !

La pratique d’une activité physique, régulière et sans excès, stimulerait le système immunitaire. Elle permettrait de garder la forme et la santé. Si le stress et la fatigue affaiblissent le système immunitaire qui devient plus vulnérable aux attaques, faire du sport agit positivement sur le bien-être physique et mental. Il participe au renforcement du système immunitaire.
Selon plusieurs études scientifiques, il a été prouvé que la pratique d’une activité sportive intensive aurait pour effet inverse d’inhiber le système immunitaire. Quels sont les réels effets d’une pratique physique intense ? Le sport est-il toujours bon pour la santé même en cas d’excès ? Et si ces excès de sport devenaient pathologiques ? Éclairage par la Fondation APRIL.

Quel lien entre activité physique et système immunitaire ?

Le lien entre activité physique et système immunitaire a été montré, mais il est complexe et ambivalent. Selon l’intensité et la quantité (charge d’entraînement) fournies, l’exercice n’a pas la même incidence sur toutes les fonctions immunitaires.

Comment ça fonctionne ?

Pour l’intensité de l’exercice, durant un effort intense et jusqu’à 24h après, le nombre total de globules blancs (leucocytes) circulant dans le corps augmente en proportion de l’intensité et de la durée de l’exercice. Mais cette augmentation (d’ailleurs peu importante) est liée à une « démargination » des leucocytes, c’est-à-dire qu’ils se décollent de la paroi des vaisseaux où ils étaient « stationnés » pour partir dans la circulation sanguine. Il ne s’agit donc pas d’une augmentation de la production par les tissus hématopoïétiques (producteurs de globules blancs), mais bien d’une activation de leur utilisation.

Et les neutrophiles dans tout ça ?

A l’inverse, le nombre d’anticorps présents dans les muqueuses salivaires (immunoglobulines A) diminue. Quant aux neutrophiles, les cellules qui interviennent aussi dans le système immunitaire, il a été montré qu’un exercice modéré en augmente les fonctions de défense tandis qu’un exercice extrême en diminue certaines sans en affecter d’autres.

En d’autres termes, une activité physique modérée aurait donc un effet protecteur sur le corps humain par le décollement des leucocytes et leur diffusion dans le système sanguin et par les cellules neutrophiles qui vont avoir un effet booster sur le système immunitaire. A contrario, si l’activité est trop intense, les fonctions naturelles de défenses seront diminuées.

Les effets des entrainements trop denses sur la santé

C’est surtout la charge d’entraînement, soit le nombre d’heures d’entraînement, qui induit des modifications de l’immunité, avec un effet retrouvé chez les sportifs très entraînés. Selon une étude déjà ancienne, 50 à 70 % des marathoniens ou ultra-marathoniens présentent des infections des voies aériennes supérieures (nez-gorge : rhinites, angines d’origine virale) dans les deux semaines qui suivent leurs compétitions (Peters et Bateman, 1983).

En conclusion, il faut retenir que, de façon générale et à court terme, un entraînement modéré stimule la fonction immunitaire contrairement à un entraînement intense qui tend à l’inhiber. A plus long terme, il n’a pas été démontré qu’une activité physique régulière améliorerait de façon très significative la protection contre les agents infectieux chez les sujets jeunes. Elle protège en revanche contre le déclin des fonctions immunitaires des sujets âgés.

Connaissez-vous la bigorexie ?

La bigorexie est une maladie reconnue par l’OMS, comme une addiction qui concerne les personnes devenues dépendantes d’une pratique excessive du sport. 15% environ des personnes qui pratiquent entre une et plusieurs heures de sport par jour peuvent être touchées par la bigoréxie : le risque de dépendance est présent chez les sportifs amateurs qui dépassent environ 10h par semaine. Cette addiction oblige la personne atteinte à ne plus pouvoir se passer de sport. Celle-ci ne se sent pas bien lorsqu’elle ne peut pratiquer son activité sportive.

Les raisons de cette addiction au sport sont souvent multiples comme l’envie et l’obsession de perdre du poids, la nécessité de combler un vide affectif ou professionnel, la présence d’une faille narcissique, la volonté de repousser ses limites et d’avoir une meilleure estime de soi.

Les risques de la bigorexie sont les déchirures musculaires, tendinites, fractures osseuses, infarctus... Mais aussi le risque d’une dépendance à des produits anabolisants ou de protéines est également bien réel chez certaines personnes notamment les culturistes.

Il est souvent nécessaire de se faire accompagner par un psychologue ou un médecin addictologue. Malheureusement cette démarche n’est possible que lorsque la personne accepte l’idée d’être dépendante. Il est conseillé de diversifier ses activités sportives et de pratiquer des sports en équipe, ceci afin que le sport redevienne un plaisir.

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